Il était une fois, un bon et beau Prince Charmant. Comme tout Prince Charmant
officiel, il était employé dans la PC (Prince Companie). Fans cette entreprise
il occupait un poste windows xp. L'avantage de ce poste était l'activité plein
air et le cumul de points promotifs ! Ainsi sa principale activité était de
rechercher une Princesse pas trop mal, à sauver, sans trop d'efforts et dont
le lieu de détention comportait une fenêtre à escalader (d'où le poste windows).
Cette longue liste de caractéristiques offrait, en plus des douze tiquets resto',
un cumul de points d'expérience : "XP".
Il cherchait donc une mission. Ce cher Prince avait de la chance,
il avait été le seul à éviter l'épidémie de gastro-entérite carabiné
et la pluie de furoncles purulents qui s'abattaient sur les employés.
Certains de ses collègues, encore alités, le soupçonnaient même d'avoir
pactisé avec le comité des Maladies Gastriques et Acnés. En gros et sans
détour : tout lui était épargné ! Sauf la calvitie fulgurante qu'il avait
redouté et finalement contracté à l'âge de 19 ans... Mais enfin, la PC
remboursant consciencieusement les postiches capillaires à ses employés il
s'en tirait à bon compte.
C'est alors qu'il ajustait sa moumoutte blonde que le Prince découvrit une
mission de catégorie "windows xp", il comportait également la note
"jardinage & crème brûlé" mais en ces temps de crise les détails de ce genre
étaient inintéressants. Le dossier disait :
"La Princesse Brenda, blonde, 43 kg, 1mètre67, a été enfermée dans sa chambre et privée
de dessert pour avoir encore fait des caprices à son poutit papa le Roi du comté de Rimes.
Il vous faudra escalader une façade de 633 mètres, abrupte et lisse dont le pied est jonché de
ronciers bien piquant et d'orties vicieusement placées..."
- Quoi !?!! s'exclama le jeune Prince. 633 mètres ! C'est une blague ?!
Il lut la suite :
"...elle est bonne hein ? La tour est en réalité d'une hauteur de 12 mètres... Ce parchemin
s'autodétruira dans... euh... dès que les systèmes d'autodestruction seront inventés..."
Le Prince presque vaillant ne perdit pas une seconde et, empoignant son arme de service,
s'élança vers les écuries la cape au vent. Arrivé au boxes il regarda avec tendresse l'étalon
cabriolé qu'il s'était offert après une mission réussie avec prime de risque dentaire.
La bête était superbe, avec intérieur cuir et tout et tout, AVS, autoradio, fermeture centralisé
et étriers rembourrés. Jolly-Jumper, c'était son nom, avait encore du mal à s'habituer à son cavalier
malhabile, bien qu'il ait plusieurs permis dont le poids-lourd, les sorties de sentiers étaient fréquentes.
Activant la sirène réglementaire le Prince partit en trombe au château où était enfermée la belle
('fin presque) Brenda.
Arrivé à bon port, ou plutôt à bon fort, le Preux Prince prit promptement sa bourse... d'or bien entendu...
Il paya le parcmètre après avoir garé son superbe étalon là où les contractuels ne pourraient pas lui rajouter
un cinquième sabot. Il prit son épée magique et partit en gambadant et sautillant vers la muraille pierreuse.
Au pied de la plus haute tour, où ronces et orties se mêlaient il n'hésita pas un instant et, brandissant l'épée
magique il embrasa les ajoncs épineux. Flambant les broussailles à mesure qu'il avançait il se retrouva vite au
pied et au nez du mur de pierre. Le beau Prince, presque chauve mais équipé d'une perruque de première main, projeta
son grappin, assura sa prise, et entama son effort. Ruisselant de sueur, forçant et trépignant, il râla et enfin...
franchit 50 centimètres. Au terme de 12 heures d'effort, 2 bouteilles de jus de fruit energisantes, 4 red-bull (qui à
son triste regret ne donnent pas d'ailes) et 1 arrêt dans un fast food pas trop cher, le Prince parvint à franchir
le rempart. Alors sur un balcon joliment décoré il se rendit compte qu'il était bloqué...
En effet la Brenda, pas parano pour un sous avait fermé et blindé l'élégante baie vitrée. Le Preux Prince tambourina,
s'esclaffa et capricia (tarladidadada), il ne parvint qu'à se blesser le gros orteil en frappant du pied de dépit une gargouille
pas très jolie (pour la rime ^^). En dernier recourt, il essaya la poignée... la porte vitrée n'était pas verrouillée !
Le Prince entra en tempêtant. Il ne trouva dans la chambre nul trace de la Princesse. La porte était ouverte et, l'empruntant
le Prince se rendit compte que toute la coure était rassemblée dans le grand hall d'entrée. Autour d'un Roi frustré les
convives étaient inquiets.
- Que ce passe-t-il Sire ? demanda un valet.
- Je vais vous l'expliquer, répondit l'intéressé.
- Pourriez-vous vous hâter, sans vouloir vous presser.
-Très bien je vais m'y appliquer, commença le Roi. Un jeune freluquet, au crâne calvicié, s'est employé à saboter notre buisson fruitier !
- Mais comment a-t-il fait ?
- Il a tout fait cramer ! Et toutes les orties source de soupe "Rompy" y sont passés aussi !
Le Prince pressentant sa boulette, descendit en hâte l'escalier escarpé. La foule se retourna vers lui la mine renfrognée. Adoptant la
coutume des rimes de cette coure colorée il déclara :
- Je peux tout expliquer, sublime Majesté.
- Qu'y a-t-il à expliquer, saboteur dérangé ?
-Mais saboteur je n'suis point, mirez-donc mon pourpoint ! Je suis Prince du PC, en mission windows xp !
- Alors pourquoi avez-vous brûlé nos récoltes, étranger ? pesta le souverain.
Sur ces entrefaites le Prince se vit expliquer que ce royaume éloigné basait son économie sur les mûriers et les orties qu'il avait calciné.
Les ronces créaient les mûres, fournissant les plus gros des revenus. Les orties étaient souvent récoltées et transformées en soupe de la marque "Rompy".
Et c'est ainsi dans la joie et la magie, que le Preux Prince du PC, poste windows xp, fut changé en roncier pour se faire pardonner.
Et il vécut sans émotion et eût beaucoup de mûres...